Le 16 mars 2025, un article du Financial Times a mis en lumière la situation alarmante du marché de l’éducation privée pour les jeunes enfants en Corée du Sud, un phénomène qui a suscité l’étonnement des médias étrangers. Selon cet article, des termes tels que « avis de quatre ans » et « avis de sept ans » sont même apparus dans le contexte de la frénésie des écoles de médecine. Cela indique une tendance inquiétante où presque la moitié des enfants de moins de six ans participent à des cours privés, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle contribue à la baisse de la natalité dans le pays. Comme l’explique Shin Yoonjae, journaliste au Maeil Business Newspaper, « la compétition académique pousse les parents à dépenser des sommes considérables pour l’éducation de leurs enfants, dès leur plus jeune âge, créant ainsi des inégalités croissantes au sein de la société ». Ce phénomène a conduit à une pression intense sur les familles, qui se sentent souvent piégées dans un cycle de dépenses éducatives sans fin. En outre, l’économiste Park Ji-soo souligne que « la recherche de l’excellence académique dès l’enfance fait peser un fardeau insupportable sur les jeunes couples, ce qui complique encore davantage leur décision d’avoir des enfants ». Pour en savoir plus, consultez l’article complet sur https://www.mk.co.kr/en/world/11265219.

Les racines de l’obsession pour l’éducation privée

L’éducation privée en Corée du Sud, souvent désignée sous le terme de « hagwon », a connu un essor considérable au fil des ans. Ces établissements offrent des cours dans des matières variées, y compris l’anglais, les mathématiques et les sciences, et sont perçus comme des outils indispensables pour garantir un avenir professionnel prometteur. Les parents, confrontés à une concurrence croissante pour accéder aux universités prestigieuses et aux grandes entreprises, se tournent vers ces académies pour donner à leurs enfants une longueur d’avance. Kim Byung-man, comédien et observateur des tendances sociales, souligne que « les parents se sentent contraints d’investir dans l’éducation privée, car ils craignent que leurs enfants ne soient pas en mesure de rivaliser avec leurs pairs dans cette lutte acharnée pour le succès ».

Cette dynamique a conduit à une augmentation des dépenses d’éducation privée, qui ont atteint des sommets historiques. En effet, le ministère de l’Éducation a rapporté que les dépenses en éducation privée ont atteint 29,2 trillions de wons l’année dernière, une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Le phénomène des « avis de quatre ans » et « sept ans » est révélateur de cette compétition précoce, où les enfants sont préparés dès leur plus jeune âge à des tests d’entrée dans des établissements d’enseignement spécialisés. Les parents, bien que conscients du fardeau financier que cela représente, choisissent souvent de continuer à investir dans ces programmes par peur de ne pas offrir à leurs enfants les meilleures chances de succès.

Les effets de cette obsession pour l’éducation privée ne se limitent pas seulement aux finances des familles. Le sociologue Lee Min-jun affirme que « l’accent mis sur les performances académiques dès l’enfance entraîne une pression psychologique immense sur les enfants, qui doivent jongler avec des attentes irréalistes ». Cette pression peut avoir des conséquences néfastes sur la santé mentale des jeunes, entraînant un stress accru et des problèmes d’anxiété. En conséquence, de plus en plus d’enfants se sentent accablés par les exigences qui leur sont imposées, ce qui soulève des questions sur l’équilibre entre éducation et bien-être.

De plus, cette quête incessante de l’excellence académique engendre une culture où la réussite est souvent mesurée par des critères externes, tels que les notes et les diplômes, plutôt que par des valeurs intrinsèques comme la curiosité et la passion pour l’apprentissage. Les parents, en recherchant des avantages compétitifs pour leurs enfants, peuvent négliger l’importance de développer des compétences sociales et émotionnelles essentielles. Ainsi, la tendance actuelle suggère que l’éducation privée, bien qu’elle soit perçue comme un investissement dans l’avenir, pourrait en réalité conduire à des défis plus profonds et à des désavantages à long terme pour la société coréenne.

L’impact sur la natalité en Corée du Sud

La croissance de l’éducation privée pour les jeunes enfants a des implications profondes sur les taux de natalité en Corée du Sud, déjà parmi les plus bas au monde. Le Financial Times affirme que ce fardeau financier pousse de nombreux jeunes couples à retarder ou à renoncer à avoir des enfants. Shin Yoonjae note que « les jeunes parents, confrontés à des frais de scolarité élevés, hésitent à fonder une famille, ce qui crée un cercle vicieux qui menace l’avenir de la population coréenne ». Ce phénomène est exacerbé par une pression sociale croissante, où l’idée d’un enfant bien éduqué est souvent synonyme de succès économique et social.

Les parents ressentent une pression immense pour investir dans l’éducation de leurs enfants, et cette pression ne fait qu’augmenter à mesure que la compétition s’intensifie. Les statistiques montrent que de plus en plus de jeunes adultes choisissent de rester célibataires ou de retarder la maternité en raison des coûts associés à l’éducation privée. Selon une étude menée par l’Institut de recherche sur la famille, « près de 40 % des jeunes couples affirment que les coûts liés à l’éducation sont un facteur déterminant dans leur décision de ne pas avoir d’enfants ».

Le gouvernement a tenté de trouver des solutions pour contrer cette tendance, mais les résultats demeurent mitigés. Les politiques visant à réduire le coût de l’éducation ou à encourager les naissances semblent souvent incomplètes face à l’énormité du problème. Par exemple, des subventions pour les frais de scolarité ont été mises en place, mais beaucoup de parents estiment que ces mesures sont insuffisantes pour couvrir les dépenses réelles associées à l’éducation privée.

De plus, l’économiste Kim Jae-hyun souligne que « l’absence d’un environnement propice à la parentalité, comme des horaires de travail flexibles et un meilleur soutien familial, contribue également à la baisse des taux de natalité ». En effet, les jeunes couples sont souvent confrontés à des horaires de travail rigides qui rendent difficile la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Ce contexte crée un paradoxe où, malgré une volonté croissante d’élever des enfants, de nombreux couples estiment que les sacrifices financiers et personnels nécessaires pour le faire sont trop élevés. Ainsi, la dynamique actuelle de l’éducation privée en Corée du Sud ne fait pas seulement peser un fardeau sur les familles, mais elle menace aussi l’avenir démographique et économique du pays. Les conséquences de cette tendance pourraient être profondes, affectant non seulement la structure familiale, mais aussi l’économie à long terme, en raison d’une population vieillissante et d’une main-d’œuvre en déclin.

Les conséquences économiques de l’éducation privée

Au-delà de la question de la natalité, la frénésie de l’éducation privée a également des répercussions économiques notables. Le secteur de l’éducation privée représente une part importante de l’économie coréenne, générant des milliards de wons chaque année. En 2024, les dépenses en éducation privée ont franchi un nouveau seuil, atteignant 29,2 trillions de wons, un chiffre qui reflète la forte demande pour ces services malgré une baisse du nombre d’enfants. Cependant, cette dépendance à l’égard de l’éducation privée soulève des questions sur l’équité et l’accessibilité de l’éducation. Les enfants issus de familles moins fortunées se retrouvent souvent désavantagés dans cette course à l’éducation, et les disparités socio-économiques se creusent.

Kim Byung-man souligne que « la prévalence de l’éducation privée crée une barrière invisible qui limite les opportunités des enfants issus de milieux défavorisés ». Ce phénomène peut engendrer un cycle de pauvreté, où les familles à faible revenu n’ont pas les moyens de fournir à leurs enfants les ressources nécessaires pour réussir dans un système éducatif de plus en plus compétitif. En conséquence, la mobilité sociale devient de plus en plus difficile, perpétuant des inégalités qui peuvent durer des générations.

De plus, l’économiste Park Soo-young avertit que « l’obsession pour l’éducation privée pourrait à terme nuire à l’innovation économique du pays ». La concentration des ressources dans le secteur éducatif privé pourrait détourner des investissements cruciaux dans d’autres domaines, tels que la technologie ou les infrastructures, qui sont également essentiels pour le développement économique. Cela pourrait entraîner une stagnation de l’économie, où les enfants, au lieu d’être encouragés à développer des compétences créatives ou entrepreneuriales, sont formés pour répondre à des attentes académiques rigides.

En conclusion, le marché de l’éducation privée pour les jeunes enfants en Corée du Sud est un sujet complexe qui mérite une attention particulière. Les implications sur la natalité et l’économie témoignent d’une problématique profonde qui nécessite une réflexion collective et des actions concertées. Il est crucial que les décideurs politiques envisagent des mesures pour rendre l’éducation plus accessible et équitable, tout en soutenant les parents dans leur rôle éducatif. Cela pourrait impliquer des réformes dans le système éducatif public, ainsi que des initiatives visant à réduire la pression financière sur les familles, afin de créer un environnement où chaque enfant a une chance égale de réussir.